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Politique; incompétence ou supercherie

De tous côtés, de nouveaux projets de loi émergent. Ceci dans le but louable d’instaurer un meilleur ordre social, d’élargir le champ des possibles. Il n’empêche qu’il nous faut constater que de manière insidieuse mais bien réelle, les reformes vont souvent au détriment de la liberté individuelle … Voici un exemple.

Paramédicaliser la profession de psychologue

Une majorité du champ de la Santé Mentale s’insurge contre un nouveau projet de loi élaboré dans la plus grande opacité par le cabinet Aelvoet. Projet de loi qui souhaite paramédicaliser les psychologues c’est à dire ne leur permettre de poser un acte de soin de santé mentale qu’avec l’accord d’un médecin. Peu importe la formation de celui-ci! Donc pour aider votre enfant qui rencontre une difficulté, vous ne pourrez plus vous diriger  spontanément vers un(e) psychologue de votre choix. Il vous faudra d’abord l’accord d’un médecin, votre orthopédiste ou, pourquoi pas, un ami anesthésiste qui, lui, va évaluer si votre demande est recevable? ! Cela au gré de son idéologie. On ne peut parler de compétence puisque la formation psychologique des médecins est réduite à sa plus simple expression… N’espérez pas non plus le moindre remboursement, le projet de loi est clair sur ce point.

Absurdité

Ainsi, il reviendrait aux médecins (certains psychiatres et pedo-psychiatres exceptés) qui n’ont aucune formation consistante, ni théorique, ni pratique en « Psychologie clinique » d’être les prescripteurs d’un soin de santé qui leur est totalement étranger !

De plus, pour les spécialistes du terrain, ce projet de loi présente des défauts majeurs qui traduisent à la fois une méconnaissance des réalités cliniques actuelles, et une sous- estimation des conséquences des mesures proposées sur l’ensemble de la politique de santé.

En réaction au projet de loi, dans un écrit à la ministre, le docteur J.P Matot directeur du service de santé mentale de ULB, stipule :  « Un psychologue clinicien bien formé est sans le moindre doute mieux à même de mettre en œuvre le diagnostic et le traitement de la plupart des troubles psychiques que la très grande majorité des médecins généralistes ou spécialistes non psychiatres » Mais cette intervention, comme les autres émanant  d’autres groupements de la santé mentale, sont restées sans réaction. Une fois de plus, la vérité du terrain semble fort peu intéresser les décideurs…

Que penser d’un monde politique qui fait fi de toute concertation que de façade…

Incohérence

Depuis 1993, le titre de psychologue est protégé par la loi et ne peut être porté que par des personnes ayant suivi la formation universitaire ad hoc 5 ans à temps plein. Cette reconnaissance du titre est une garantie pour le public. Depuis toujours les psychologues sont totalement autonomes tant pour les diagnostics que pour les traitements. Ils ne peuvent faire n’importe quoi car ils sont soumis à un code déontologique internationalement défini! Et voilà qu’à présent, autonomes dans leurs compétences et pratiques, ils risquent l'assujettissement de fait à une autorité et à une logique purement médicale.

Spécificité de l’approche psychologique

Dans notre pays comme ailleurs, complémentairement, mais dans un espace bien distinct, la psychologie a ouvert un large espace qui vient équilibrer le champ de la santé en ré-interrogeant, de façon innovante et rationnelle, les registres oubliés par la médecine technologique de pointe. Amenant la personne en difficulté à penser par elle-même, pour elle-même en se prenant comme référence, le psychologue clinicien l’aide à chercher à développer ses ressources intérieures pour faire face aux situations difficiles, plutôt que de chercher des solutions hors de soi, ce qui est la réponse de la médecine technicisée. (Prozac, viagra…) Cette dernière rend l’individu dépendant et fait indirectement le bonheur des firmes pharmaceutiques et des gens manipulateurs et avides de pouvoir. Si la personne ne peut plus penser par elle-même, elle devient totalement dépendante de son environnement et se retrouvera à la merci de ceux qui voudront penser pour elle.

Vers quel type de société allons-nous ?

N’est-il pas important de réfléchir au choix de société qui, pas à pas, se met en place ? Au nom de la démocratie et de la sécurité, l’individu est de plus en plus contrôlé, numéroté, conduit à suivre une voie que le législatif a choisi pour lui…

Dans le cas qui nous occupe, quid du libre arbitre du patient qui rencontre une souffrance psychique? Est-il à ce point considéré comme infantile qu’il ne peut juger de lui-même de la démarche qu’il veut suivre. S’il ne peut, dans un premier temps, que faire appel à un médecin, ne serait-il pas normal que celui-ci, vu son manque de formation en psychologie clinique, se tourne plus volontiers vers ce qu’il connaît le mieux, c’est à dire le médicament ? Qui pourrait le lui reprocher ?? Et pourtant, n’est-il pas essentiel que les patients aient un libre choix entre une médication et un entretien « psy ».

De plus, tout citoyen n’a-t-il pas le droit de bénéficier d’une totale discrétion concernant cette dernière démarche ?

Oter le droit de consulter qui l’on veut,  est le signe d’une prise de pouvoir totalitaire sur l’individu. Faut-il rappeler que dès qu’il a pris le pouvoir, Ceucescu s’est empressé de fermer la faculté de psychologie… ceux qui incitent l’individu à penser par lui-même et non à se laisser penser par l’autre, ceux qui introduisent le questionnement et le doute. Alors, mieux vaut les soumettre au pouvoir médical, scientifique, technique et …rassurant !

L’adage « diviser pour régner » continue à faire ses preuves. Qui payera les pots cassés? De nos jours, dans le secteur de la Santé Mentale psychologues et médecins, respectant leurs spécificités, collaborent de plus en plus efficacement. Chercher à créer la zizanie entre eux, ne peut que nuire aux patients.

Et pourtant dans leurs intentions officielles, les lois n’ont-elles pas pour but le bien du peuple…?

D.DRORY past-présidente de la fédération belge des Psychologues.

Mots clés: Psychothérapie Société Liberté